La France; pays des droits de l’Homme?

Je m’excuse d’avance pour les mots crus que je vous allez lire.

« Effacer l’Histoire c’est refuser qu’on la répare » – Alix Maturin.

Bonjour à tous,

Je ne voulais pas faire de ce blog une plate-forme « politique », mais comme on dit « the personal is political, » et donc me voilà. Comme vous le savez surement tous, il y a maintenant plus d’une semaine que Théo a été victime d’une bavure, que dis-je, d’un viol, par les forces de police française.

Les bavures policières ne sont pas choses nouvelles en France, particulièrement dans les cités où les contrôles au faciès sont normatifs. Contrairement aux États-Unis, les policiers français ne portent pas d’armes létales, et par conséquent, il est plus rare que ces rencontres entre les jeunes (d’origine étrangère pour la grande majorité) et la police se finissent en meurtre, mais ça arrive.

Alors, comme douze ans plus tôt, les cités brulent. Les jeunes en ont marre, ils se révoltent. C’est marrant, quand on y pense, on pourrait presque faire un parallel entre les « émeutes » des banlieues et la prise de la Bastille. Après tout, c’est par cause de désespoir, de fatigue face à un sentiment constant d’injustice que les Parisiens ont pris les armes et se sont révoltés contre la monarchie. C’est de là que vient la phrase « le pays des droits de l’Homme », avec un grand H.

Et donc on se demande, quand on voit les critiques et autres ignorants qui justifient les actions de la police en disant que les jeunes de cités sont impolis, manquent de respect à la police et les insultent « d’enculés de flics, » si ce grand H ne s’appliquent qu’aux « français de souche ». Mais ces mêmes personnes trouvent ça normal, qu’une personne en uniforme s’adresse à des citoyens français en les tutoyant, en les traitant de « négro », « bamboula », ou « petit pédé, » ou en leur enfonçant leur matraque dans l’anus.

Je vais revenir sur ces deux premières insultes raciales; elles sont inacceptables. Le fait que  la République française ne reconnaisse pas les races n’empêche pas moins la société française d’être très raciste.

Et plus j’en apprends sur l’histoire des noirs en France (ironiquement, en deux semaines à New York, j’en ai appris beaucoup plus qu’en 12 ans d’éducation nationale), et plus je me rends compte que ce racisme est imbibé dans les couleur de notre cher drapeau tricolore. Il y a tout d’abord cette fausse idée que tout les noirs sont des immigrés, alors que la France a encore des colonies, que dis-je départements, dans tout les océans du globe. Il y a aussi ce refus d’accepter que les noirs sont et ont été présent en métropole depuis des siècles, et ont contribué à la « grandeur de la France » (Pour information, Léonard Sedar Senghor a participé à l’élaboration de la constitution de la Vème République). Cet « oubli » collectif, ou réécriture de l’Histoire facilite la justification d’un présent, aussi ignorant, raciste, et xénophobe soit-il.

Sur ce,

Faty.

 

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